dimanche 5 octobre 2008

Un techo para tu país

« No alcanza con sonar con un país más justo, hay que levantarse para construirlo. »
Un Techo Para Mi País est une association présente dans plusieurs pays d’Amérique Latine, qui œuvre pour faire reculer la pauvreté. Parmi les différentes actions qu’elle mène, celle qui symbolise l’organisation est le week-end de construction. Les jeunes volontaires partent du vendredi soir au dimanche soir à proximité d’un quartier défavorisé, puis y construire deux journées durant un logement dit d’urgence.


María Esther, 28 ans, a deux fils de 7 et 2 ans, et vit dans 9 mètres carrés de tôle, bois, cart. Elle lutte chaque jour pour se reconstruire une vie, et pour que ses enfants aient une vie plus belle que ce qu’elle-même a connu jusqu’ici. La « maison » dans laquelle elle vivait auparavant a brûlé dans un incendie qui a tué ses deux premières filles et l’a plongé dans le coma pendant plusieurs mois. Elle garde sur sa peau les séquelles de ses brûlures étant donné que la technique de greffe de cellules épidermiques qu’elle a subite est imparfaite car bon marché.


Le premier jour est entièrement consacré aux fondations. Creuser le 18 trous suffisamment profonds aux bonnes distances, mesurer la hauteur des pilotis avec un tube en plastique rempli d’eau, désembourber le camion qui vient apporter le plancher… Le frère d’Esther (en noir sur la deuxième photo) est venu nous aider. L’esprit du week-end est qu’il y ait un échange entre les jeunes et la famille, deux mondes qui ne se rencontrent jamais. On mange tous ensemble le midi, on discute lors des pauses, on joue avec les enfants…


Le dimanche, les pans de murs arrivent déjà sciés, ce qui ne signifie pas que cette étape est un jeu d’enfant : les soulever, les clouer au sol et entre eux et plein d’autres détails et imprévus…Et surtout, sont-ils bien verticaux ? En tout cas, ça prend forme !


Et enfin, dans la nuit naissante, on pose le fameux techo, qui a la propriété d’être imperméable. La maison peut nous apparaître, à nous, comme pas grand-chose : il n’y a pas l’eau courante et l’électricité n’arrive que par une ampoule qu’un voisin vient de brancher sur le réseau public.

Mais les yeux d’Esther traduisent son émotion. La taille de son logement a été triplée, et il y a à présent une partie où l’eau ne rentre pas. Lors de la brève inauguration (heure tardive oblige), elle nous dit qu’en ayant à nouveau deux enfants et un toit, elle se sent revivre après le drame qui avait emporté ses deux filles et sa maison.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

c'est magnifique ce que tu as fais Sylvain! Je me sens si égoiste, moi capitaliste étudiant français qui a déjà oublié qu'il vivait dans un environnement luxueux
Donner pour donner, c'est tellement beau les actions gratuites... et ça al'air tellement indéscriptible en même temps... un week end de partage et de construction comme celui là c'est un témoignage admirant que tu nous fais là.